Croisade invisible​

 

Jadis les hommes avaient les traits semblables aux traits des dieux

Les cités qu'ils bâtirent avaient pour miroir une cité dans les cieux

 

Que reste-t-il de cela ? Du sable et de la poussière

La position des étoiles marque la fin de l'âge de fer

Oui, plus forte que l'acier est la chair

Seul n’importe pas le combat

Encore faut-il distinguer l’adversaire

Celui-là s’entoure de brouillard en plein désert

Sa copie carbone de nos mystères

Marque les esprits, Mithra est mis aux fers

 

Les nouveaux empereurs assiègent les réfractaires à la conversion

Privent de descendance les hommes épris de liberté et d’absolu

Marchent dans les décombres fumants vers un lointain mirage

Rêvé pour leur déchéance par d’hostiles mages

 

Depuis la nuit des temps une croisade invisible

Depuis la décrépitude des dix blasons des fils de Neptune

Noble guerrier ta force et ton courage sont détournés

Les ennemis de tes ennemis ne sont pas tes amis

 

Leur main gauche au manitou offre alcool et fusil

La droite poignarde le dos de l'homme dans son lit

Car eux le savent

Chiens et chats n'ont jamais fait bon ménage

Les croisades ont cessé, A a presque disparu, il reste B et C

La dernière offensive vient si tard qu'elle sera de loin la plus féroce

 

Ni tambour ni lur pour donner du courage

Ni tambour ni lur pour donner du courage

Ni tambour ni lur pour donner du courage

Ni tambour ni lur pour donner du courage

 

Ni héros sinon ceux que les vainqueurs s’inventeront

 

 

La Loi de Poséïdon

 

…Et Zeus leur dit :

 

‘’Atlas, Gadiros

Amphérès, Evaimon

Mnéséas, Autokhthonos

Elasippos, Mestor

Azaès, Diaprépès

 

Ont violé les lois de leur père

Dans le temple du dieu de la mer

Au coeur des flammes de métal

Les décrets de Poséidon

 

Les rois Atlantes les ont oubliés dans des bras de sang lunaire

Dès l’aube ils ont versé le sang de leurs propres frères

Ainsi la race des titans a semé la misère

Que la terre devant les colonnes d’Héraklès soit à jamais engloutie’’

 

Mais l’île ne s’abîma pas et le déclin de la race

Semble n’avoir pas de fin, à la place

Du palais d’orichalque triomphe l’idole monstrueuse

Accroupie au fond de son tabernacle !

 

A-t-on du sang de géant dans les veines

Que le souvenir de l’âge d’or nous tourmente encore

Blondes valkyries

 

Un milliard de tyrans possèdent un milliardième du trône

Que s’est-il passé pour que tombent dans l'oubli les dieux libres du Septentrion ?

 

Qu'attends-tu le fusil à la main, le destin des puissances ?

Je crois qu'il touche à sa fin, regarde !

 

Le sol est encore noir des milliers de combats fratricides

Tous les Pythagore, Templiers ou Cosaques massacrés

Une maldonne sans précédent, mauvaise carte sur mauvaise carte

Le dernier chef de guerre est tombé, l'ultime bataille perdue

 

Le serpent et le loup ont mis bas l'horreur qui veille sur ces ruines

Les prisonniers que tu vois sont des esclaves d'élevage

Tous devenus gardiens, tous attendent le néant

 

Je refuse de lancer les dés tellement ils sont pipés

Mais si nos lois sont consignées dans un recueil de flammes

Par Thor ! Où sont nos armées ? Pas mille survivants

Les fils tués du dieu aux corbeaux ne trouvent le repos

 

Il nous faudra donc encore une fois retourner nous battre

Car jamais la vieille foi n'a dit de courber le dos

Devant aucun dieu ni tribunal d'aucune sorte

Rien ne m'est le sauveur coupable de l'autre rive

Que les équations des pages brûlées se réécrivent

Je crois en Odin dans le sang que je porte

S'il est encore par ici je vous verrai blondes valkyries

 

L’éternelle récurrence

 

Il existe une théorie

T’as déjà entendu parler de l’éternelle récurrence ?

Comme quoi nous revivons toujours la même vie ?

 

Ca fait des millions d’années je cherche la clé pour en sortir

Et je viens de la trouver dans un asile de fous

Et aux portes de la mort

​J'ai déjà vécu tout ça mais me souviens pas de la suite

 

Est-ce que les cartes verraient le futur s’il n’avait pas déjà eu lieu ?

 

Mais cette pute de clé s’est transformée en boue

Avant que je change de niveau

J'ai perdu la partie et suis bien la risée des corbeaux

 

Le bouclier et la lance

​La terre d’où je viens est dans le Nord

Je sacrifie à Héra aux bras blancs

Ou pointe mon arc sur Phoebos Appollon

Mais les dieux que je connais sont tous du sang d’Hypérion

 

En face, mille cavaliers portent la lance à pointe de fer

Leurs noms nous sont connus, leurs visages familiers

Je porte le bouclier et la lance, armuré de cuir noir et de bronze

A mes côtés Pallas Athéna aux yeux pers m’exhorte de ses cris aigus

Derrière moi, les phalanges sont hérissées de piques de bronze

Elles ont raison des premiers archers qui nous envoient leurs traits

Puis c’est la mêlée à coups de piques, d’épées et de glaives

 

Des pierres immenses brisent des crânes

Des javelots percent muscles et os

L’acier tranche ligaments et artères

Cette guerre intestine aura-t-elle une trêve ?

 

Eux aussi connaissent le fils de Zeus et de Latone

Et un de leurs ancêtres eut le trident pour sceptre

Pourtant ils nous combattent avec rage

Et force sous le sombre ciel ouranien

 

Avec l’aurore arrivent ceux du dehors qui érigent leur croix de malheur sur nos squelettes

Une église remplace la maison du Cronide aux cinquante Néréides

Sa cloche sonne l’heure pour les esclaves, ceux qui refusent le plan sont assassinés

Jusqu'à l’aube d’une race nouvelle d’ombres sans âme et sans passé

 

Ceux-là ne sont plus des fils de Thulé

Les derniers éléphants le sont, les ours et les loups mais pas eux

La très lointaine Thulé s’éloigne encore

On me croit fou, parce qu’à la façon des guerriers Atlantes

Je porte toujours le bouclier et la lance

Zoolâtrie

 

Au-dessus des fières cohortes qui défient la mort

Flottent silencieusement, scintillants sous la lune

Aigles, loups, chevaux, sangliers, minotaures

Qui offensent les yeux des peuples des dunes

 

 

Cinquante contre un

Des marchands dans le temple !

Les enceintes de terre élevées pour une mortelle

Quand l’étoile polaire ne faisait face à la grande ourse

Transformées en champs de courses !

 

Sous l’oeil repu d’une foule oisive en semi-liberté

Les derniers vaisseaux quittent le canal des rois

Pour les avant-postes de l’empire

 

1.200 trières aux éperons de bronze

180.000 lanceurs de pierre et autant de javelots

120.000 hoplites, autant d’archers de frondeurs et de chevaux

10.000 chars, 60.000 cochers et combattants montés et autant de fantassins

En tout un million de mercenaires

 

On dit que ce jour-là l’armée tellurique était visible depuis la lune…

 

Phalanges !

Vous n’êtes pas cent unités mais Athéna est fière de vous passer en revue

Nous reverrons bientôt des visages depuis longtemps disparus

Nous pouvons être vaincus mais jamais achetés ou vendus

 

Personne ne peut avoir de prise sur nous qui n’obéissons pas même à nos dieux

Zeus qui porte l’égide est courroucé par les motifs d’une agression à cinquante contre un

Héra aux pieds chaussés d’or sait que la bataille est perdue d’avance

Mais montrons aux généraux Atlantes qui nous sommes !

Voici la dernière répétition pour l'album 50 contre 1 prise avec un minidisc au mirador, notre QG en Francesylvanie, sur le toit du monde. Contre toute attente, ceci sera aussi la dernière session de Sa Meute mk1. Enregistrée par habitude, la liste ne contient que trois titres répétés deux fois, le dernier encore instrumental. Rien de spécial là-dedans : documentaire plutôt que musicale, cette séance devait être diffusée par 22 cassettes auto-produites en 2011. Milovan Novakovic peignit l'aquarelle (Nécromancie d'Ulysse avec Tirésias chez Hadès) mais la médiocrité de cette répétition nous retînt de la publier. La voici brute pour la première fois. La voix est déraillée, les volumes excessifs... Je me souviens encore de ce crépuscule blafard lorsque nous arrivâmes en cette fin d'après-midi de janvier 2006, le froid tombant très vite et rendant ces sessions encore plus difficiles. Je me rappelle l'obscurité, la brume, le poêle à pétrole, les amplis qui s'éteignent, le groupe électrogène à re-remplir, puis ce ronronnement rassurant. Ou encore ce onze janvier 2005, lorsque l'espiègle Loki dispersait du verglas sur notre route tandis que nous montions confiants, les voitures bien remplies avec la batterie, les amplis, guitares, cabinets, sono... Par chance, Héra intervint. Mes meilleurs souvenirs. Les rares moments où nous nous sentions vraiment les rois du monde.

Seuls les morts connaissent la fin de la guerre - Platon.

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